La semaine de boulot de BibliO commence le lundi. Elle aime bien cette journée car, seule dans la bibliothèque, elle peut travailler au calme. Le samedi c’est son adjoint qui s’y colle. Bien fait ! C’est elle qui gère le planning. Elle travaille certains samedi quand son adjoint est en congés, ou malade, ou en ARTT. Soit un samedi sur deux en définitive.
Le lundi c’est aussi, en début d’après midi, la réunion des chefs de services.
Elle commence généralement sa journée en jettant un oeil sur les statistiques : prêts, fréquentations, inscriptions …Note quelques chiffres sur son tableau de bord et compare avec la semaine passée, le mois dernier, l’année écoulée. Rédige sa note de service habdomadaire en faisant le thé, consulte le courrier et le réparti dans les banettes de ses différents collègues et néanmoins subordonnés.
Ensuite BibliO s’immerge dans les dossiers en cours : animations, ré-informatisation, acquisitions,… Le suivi du budget s’est son adjoint qui s’y colle. Bien fait ! Elle valide, ou pas, c’est selon, les bons de commandes et autres pièces comptables mais souvent fait confiance : normal elle n’y comprend rien et ne vaut surtout pas faire d’effort. Faire un budget, avec ses choix, oui ; le gérer au jour le jour, non. BibliO pensent qu’un budget et un moyen comme un autre, mais pas plus, pour mener à bien la politique de lecture publique. D’où son animosité avec la chef du service financier de la ville. Le Maire étant plus sensible à ses yeux verts qu’au regard bovin de la comptable, elle en profite.
A midi elle ne déjeune pas à la cantine. Le lundi elle peut se passer du compte rendu des ouiquendes pluvieux à plage avec le petit dernier qui à vomi son âmbourgueure sur les sièges de la Scénic. Le lundi midi c’est yaourt soja et petit pain aux céréales sur un coin du bureau en feuilletant un magazine ou les pubs glissées sous la porte vitrée de la bibliothèque.
C’est en portant à sa bouche une cuillerée de l’onctueux yaourt aux herbes qu’elle aperçu pour la première fois un diable rouge doublement bien pourvu. Le petit tract s’ornait d’un portrait sur pied d’un diable rouge nu arborant un large sourire et deux belles bites en érection. En dessous, inscrit en arc de cercle : CDL : Compagnie des Diables Lubriques. La cuillère toujours en suspension devant sa bouche ouverte BibliO regarda le verso : rien !
Elle revint au recto sans distinguer autre chose. Sauf que l’un des sexe était un peu plus petit que l’autre. Elle s’attarda sur le double membre en pensant au bien que cela devait faire. Et fini son déjeuner en déglutissant plus que necessaire.
Biblio n’avait jamais entendu parler de la CDL. Internet non plus. Pas coule, se dit-elle.
Elle poursuivi ses recherches fleuretant avec des môches sites porno, déboucha sur des photos de tatouages intimes, celle d’un coureur cycliste en pleine ascension du mont Ventoux, sur tout un tas de choses religieuses obscures et enfin sur un blogue : bienvenu à la CDL. La page d’accueil représentait le même diable mais en version animée : il montrait ses sexes avec un lent mouvement de va et vient, comme une offrande. BibliO glissa sa main sous sa robe. (Pour ceux qui ne suivent pas j’ai déjà expliqué que BibliO ne porte jamais de petite culotte “ce truc idiot c’est bon pour les cageots” copie t-elle sur la Doudou de Renaud). Hypnotisée elle fixait l’écran animé en se caressant lentement, insistant sur son petit bouton. L’orgasme vint soudainement quand l’écran afficha : “à bientôt BibliO”. Puis le blogue disparu, mais BibliO avait noté l’adresse dans une petite case des ses fantasmes…
L’heure de sa réunion approchant elle glissa le bout de papier dans son agenda, se ravisa (si je l’ouvre pendant la réunion j’aurai l’air fine !) et l’inséra dans son sac à main, entre un portefeuille et sa boite de préservatifs.
Ses collègues directeurs (trices) de services remarquèrent bien ses joues rouges mais pensèrent qu’elle avait dû courir pour ne pas se mettre en retard.
La suite des aventure de BibliO dans “BibliO menotée”





