BibliO

29 août 2008

BibliO au boulot

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La semaine de boulot de BibliO commence le lundi. Elle aime bien cette journée car, seule dans la bibliothèque, elle peut travailler au calme. Le samedi c’est son adjoint qui s’y colle. Bien fait ! C’est elle qui gère le planning. Elle travaille certains samedi quand son adjoint est en congés, ou malade, ou en ARTT. Soit un samedi sur deux en définitive.
Le lundi c’est aussi, en début d’après midi, la réunion des chefs de services.
Elle commence généralement sa journée en jettant un oeil sur les statistiques : prêts, fréquentations, inscriptions …Note  quelques chiffres sur son tableau de bord et compare avec la semaine passée, le mois dernier, l’année écoulée. Rédige sa note de service habdomadaire en faisant le thé, consulte le courrier et le réparti dans les banettes de ses différents collègues et néanmoins subordonnés.
Ensuite BibliO s’immerge dans les dossiers en cours : animations, ré-informatisation, acquisitions,… Le suivi du budget s’est son adjoint qui s’y colle. Bien fait ! Elle valide, ou pas, c’est selon, les bons de commandes et autres pièces comptables mais souvent fait confiance : normal elle n’y comprend rien et ne vaut surtout pas faire d’effort. Faire un budget, avec ses choix, oui ; le gérer au jour le jour, non. BibliO pensent qu’un budget et un moyen comme un autre, mais pas plus, pour mener à bien la politique de lecture publique. D’où son animosité avec la chef du service financier de la ville. Le Maire étant plus sensible à ses yeux verts qu’au regard bovin de la comptable, elle en profite.
A midi elle ne déjeune pas à la cantine. Le lundi elle peut se passer du compte rendu des ouiquendes pluvieux à plage avec le petit dernier qui à vomi son âmbourgueure sur les sièges de la Scénic. Le lundi midi c’est yaourt soja et petit pain aux céréales sur un coin du bureau en feuilletant un magazine ou les pubs glissées sous la porte vitrée de la bibliothèque.
C’est en portant à sa bouche une cuillerée de l’onctueux yaourt aux herbes qu’elle aperçu pour la première fois un diable rouge doublement bien pourvu. Le petit tract s’ornait d’un portrait sur pied d’un diable rouge nu arborant un large sourire et deux belles bites en érection. En dessous, inscrit en arc de cercle : CDL : Compagnie des Diables Lubriques. La cuillère toujours en suspension devant sa bouche ouverte BibliO regarda le verso : rien !
Elle revint au recto sans distinguer autre chose. Sauf que l’un des sexe était un peu plus petit que l’autre. Elle s’attarda sur le double membre en pensant au bien que cela devait faire. Et fini son déjeuner en déglutissant plus que necessaire.
Biblio n’avait jamais entendu parler de la CDL. Internet non plus. Pas coule, se dit-elle.
Elle poursuivi ses recherches fleuretant avec des môches sites porno, déboucha sur des photos de tatouages intimes, celle d’un coureur cycliste en pleine ascension du mont Ventoux, sur tout un tas de choses religieuses obscures et enfin sur un blogue : bienvenu à la CDL. La page d’accueil représentait le même diable mais en version animée : il montrait ses sexes avec un lent mouvement de va et vient, comme une offrande. BibliO glissa sa  main sous sa robe. (Pour ceux qui ne suivent pas j’ai déjà expliqué que BibliO ne porte jamais de petite culotte “ce truc idiot c’est bon pour les cageots” copie t-elle sur la Doudou de Renaud). Hypnotisée elle fixait l’écran animé en se caressant lentement, insistant sur son petit bouton. L’orgasme vint soudainement quand l’écran afficha : “à bientôt BibliO”. Puis le blogue disparu, mais BibliO avait noté l’adresse dans une petite case des ses fantasmes…
L’heure de sa réunion approchant elle glissa le bout de papier dans son agenda, se ravisa (si je l’ouvre pendant la réunion j’aurai l’air fine !) et l’inséra dans son sac à main, entre un portefeuille et sa boite de préservatifs.
Ses collègues directeurs (trices) de services remarquèrent bien ses joues rouges mais pensèrent qu’elle avait dû courir pour ne pas se mettre en retard.

La suite des aventure de BibliO dans “BibliO menotée”

21 août 2008

Voisine raconte

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Hier soir, je suis allée au concert de Tiken Jah Fakoly. C’était bourré de monde. Et quand je dis bourré c’est bourré-bourré. j’avais rendez-vous avec ma cousine Charlotte, enfin c’est la cousine de ma mère mais comme on a le même age je l’appelle cousine. Y’avait tellement de monde que je n’ai jamais pu la trouver. On a essayé de se téléphoner mais là, impossible de se parler. Bon alors je suis entrée toute seule et j’ai réussi à me faufiler devant la scène. Enfin au cinquième/sixième rang. C’était noir de monde ! Et quand je dis noir…enfin bref. Une chaleur je te dis pas! Une ambiance de folie. C’est un sacré ambianceur Tiken. Ça sautait de partout. Je veux dire ça dansait de partout mais on était tellement serrés que la danse se résumait à sautiller sur place, à se frotter les unes aux uns mais ce n’était que le début du concert. Il faisait tellement chaud que j’ai enlevé mon pull. J’ai réalisé après coup que mon débardeur était un peu léger et comme la pièce s’est transformée en sauna il est vite devenu transparent. Mais je me suis dit qu’avec tout ce monde venu pour écouter le réguémane personne ne le remarquerai. En fait personne ne la remarqué…sauf les quatre costaux qui m’entouraient.AU début j’ai pas fait attention, je te l’ai dit : on étaient comme des livres sur une étagère de ta bibliothèque.Mais j’ai commencé à douter lorsque deux mains sont passées sous mon débardeur pour se saisir de mes seins.Elles étaient chaudes et douces mais faut pas exagérer. En poussant des coudes j’ai réussi à me dégager. sauf que mes tétons pointaient à percer ma fringue. Et mes voisins l’ont bien vu !
Tu n’avais pas de soutif ? Réussi à placer BibliO.
Si mais je l’avais enlevé à cause de la chaleur.
Devant tout le monde ?
Ben oui, en même temps que mon pull, mais y’avait tellement de monde ! Bon, toujours est-il que mes voisins ne regardaient plus du tout la scène ; enfin pas la même que les autres spectateurs.
L’instant d’après une cinquantaine de mains parcouraient ma poitrine. Enfin celle de mes voisins de coté mais ils devaient avoir un paquets de doigts. Le type de derrière, je pense bien que c’est lui le mecs au mains douces, m’attira contre son torse. Celui de devant, un p’tit blanc boutonneux s’était retourné et statufié rivait ses yeux sur ma personne. Je voyais mal à cause de la fumée et des projecteurs mais c’est pas impossible qu’il bavait. Si si je te jure ! Et puis tout d’un coup il a disparu, volatilisé par mister univers en personne. Là, je me retrouvais entre quatre apollons, enfin je ne voyais que celui qui me faisait face, pour le reste j’imaginais. Ils n’ont pas eu à m’enlever ma petite culotte puisque je l’avais fait en même temps que mon pull et mon soutif. Une tempête de mains s’abattait sur mon corps déjouant mes dernières volontés.
Tu penses pas que t’exagères, intervint BibliO.
Mais Voisine n’écoutait pas, perdue dans ses souvenirs.
J’ai joué le rôle de la tranche de jambon. Sauf que j’ai eu droit au casse-croûte pain de mie, baguette et pain de campagne. Puis re pain de mie à la fin, je crois.
A la fin du concert tout ce petit monde disparu. Je me suis retrouvé troussée jusqu’au narines, entourée de milliers de préservatifs usagers. Remarque l’avantage des présos c’est que quand tu baises debout, ça coule pas le long de tes jambes, après.
Oh ! fit BibliO pour masquer un fou-rire naissant.

La suite des aventures de BibliO prochainement dans BibliO au boulot

12 août 2008

BibliO aime de plus en plus son stylo

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Rêvassant, bercée par la tiède brise, BibliO s’alanguissait. Déjà le cahier glissait de ses genoux et elle tendit le bras pour le rattraper. Coquin de stylo en profita pour s’échapper de ses lèvres et se glisser entre ses seins.
Il glissait lentement procurant une douce caresse. Passé le sillon des seins il voyagea jusqu’au bas de son ventre, arrêté par le petit buisson du mont de Vénus.
BibliO ne fit rien pour stopper son cheminement et lorsque immobile il ne lui prodigua plus de doux frissons elle gonfla ses abdominaux pour l’aider à passer l’obstacle. Ainsi le stylo continua sa route jusqu’à d’autres lèvres.
BibliO sentait ses joues rosir et sa respiration se modifia. Elle se saisie de l’objet  le promena de haut en bas (ou de bas en haut, c’est selon mais cela revient à peut près au même : une délicate sensation).
Les doux vers le Marie-Claire Dati*, comme une berceuse, lui revinrent en tête :

Bobolo sec sec sec
Bobolo sec en colère
Bobolo demi kilo
Bobolo veut l’arachide
Bobolo veut l’avocat
Bobolo veut la pistache
Bobolo sec sec sec
Bobolo sec affamé
Bobolo sec est fâché
Bobolo sec en colère

“Ding-Dong” hurla la sonnette.
“Ding-Dong” répéta t-elle, avant que BibliO ne réagisse.
Fébrile elle se leva, passa rapidement un long ticheurte à l’effigie du Che et s’avança presque chancelante jusqu’à la porte d’entrée (pas si éloignée que ça, vu l’exiguïté de la pièce à tout faire du logement achélème).
Elle ouvrit la porte sans regarder qui entrait. Le parfum de sa voisine en guise de présentations.
Voisine s’installa directement sur ce qui devint le canapé et déclama :
- Ah ! si tu savais la nouvelle ma chérie !
Mais non, BibliO ne savait pas. Elle se posa sur un coussin en face de Voisine.
- Tu écrivais à qui ?
BibliO regarda le stylo luisant et le posa avec regret sur la table basse.
- Et c’est quoi cette nouvelle que je ne sais pas encore ?

* Extrait de un bâton de manioc dans Boulevard de la liberté, éd. du CCF de Doula/Cameroun, 2005

La suite des aventures de BibliO prochainement dans : Voisine raconte…

18 juillet 2008

BibliO aime son stylo.

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BibliO aime son stylo.
Quand elle le sort de sa trousse, un petit écrin de cuir où il cohabite avec quelques cartouches d’encre verte,des frissons lui parcourent le bas du dos.
Ce n’est pas un stylo habituel. Il a un corps noir nacré et une plume en or délicatement ouvragée. C’est le stylo des grandes occations. Pour prendre des notes elle utise plutôt un crayon de bois achetté à la coopérative bio.
Son stylo est un confident. Par son intermédiaire elle couche sur le papier ses pensées les plus secrètes.
Elle l’a découvert dans la vitrine d’une bouquinerie. Il servait à la décoration, inutile parmi des pinceaux, des gommes et autres objets d’écriture.
Devant sa détermination le bouquiniste lui a vendu presque rien avec une pile d’ouvrages aux couvertures jaunies et aux pages écornées dont la vieille édition des Chansons madécasses du chevalier de Parny que son père (poussièrisé par une bombinette un jour de sabbat) tenait pour un précurseur du surréalisme.
Elle le confia au bon soin d’un bijoutier : la semaine suivante il semblait comme neuf. De forme oblonde, doux et ferme, délicat et racé.
Le soir venu elle dîna rapidement d’un yaourt de brebis et de quelques fraises et s’assit confortablement sur les coussins qui formaient un coin lecture à l’angle de son salon-salle à manger-cuisine. L’air encore tiède de cette belle journée de printemps passait par la fenêtre entrouverte et agitait doucement ses cheveux longs.
Un cahier posé sur ses genoux BibliO rêvassait en cherchant une idée. Son stylo se promenait sur sa lèvre inférieure et, de temps à autre, elle en suçotait l’extrémité arrondie.
Elle écrivait peu de mots car dès que l’objet quittait ses lèvres pour crisser sur la papier un sentiment de manque apparaissait. Aussi notait-elle rapidement quelques phrases avant de le ré-installer entre ses lèvres.

La suite des aventures de BibliO prochainement dans : BibliO aime de plus en plus son stylo…

14 juillet 2008

Où l’on découvre BibliO

BibliO est née à Saïda (Liban) le jour où ses grand-parents maternels étaient assassinés à Chatilla (Liban aussi).
De son père, un jeune casque bleu venu déminé le sud Liban il ne lui reste que quelques photos et les chansons de Pat Benatar qu’elle écoute lors de ses coups de blues.
De sa mère elle a le teint pain d’épice et les longues jambes. Et ses grands yeux verts…
BibliO c’est Bibli pour livre (et non pas bible. D’ailleurs, Dieu, après Sabra et Chatilla, après la mine israélienne, après l’exil de sa mère et les longues journées d’hiver francilien, elle n’y pense même pas).
O c’est Orientale. Les plus belles femmes de ce monde (selon son père disséminé par une mine cinq ans après sa naissance).
BibliO donc.
Elle passa son enfance et son adolescence dans une cité d’Alfortville. Nous y reviendrons…
BibliO habite un petit deux pièces au sixième étage d’un immeuble d’une petite cité HLM (merci monsieur le maire) et travaille à la bibliothèque municipale. BibliO est bibliothécaire, après une maitrise d’histoire, une année spéciale à l’IUT de Bordeaux III et le concours de bibliothécaire territorial. Parcours banal s’il en est. BibliO est Directrice. Elle s’acharne à faire cohabiter treize personnes sur l’emploi du temps affiché derrière son bureau (dont trois à mi-temps, une à 80%, une en disponibilité, deux en formation et seulement trois hommes).
Quand elle n’est pas à la bibliothèque ou dans quelques réunions BibliO fait du trapèze, de la boxe française (vous voilà averti) et milite aux cotés des sans-papiers.
Normal, quoique, BibliO lit beaucoup : Allah n’est pas obligé de Kourouma est son livre de chevet, avec les poèmes de Vénus Khoury-Ghata, Les chansons madécasses d’Evariste Parny et Apollinaire (pas seulement pour la poésie…)
BibliO n’aime pas la viande ; ou plutôt n’aime pas en manger. Se contente de fruits, de légumes, de graines en tout genre (“mon petit oiseau” disait son père éparpillé par une mine sioniste cinq ans après sa naissance). Elle aime aussi le fromage et le poisson, le jus de pomme et le vin rouge ; mais la bière et les petites culottes beurk !
BibliO n’a pas de moche voiture, elle préfère assoir son postérieur sur la selle de son vélo, hummm.
Voilà pour les présentations sommaires.
Sinon BibliO à un petit chat noir tatoué sur la fesse gauche.

12 juillet 2008

BibliO pose le décor

Classé dans : Uncategorized — bibliose @ 9:09

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